Les chalets acteurs indispensables

Les chalets, acteurs du maintien de la Grande Cariçaie

Depuis plus de cent ans et dans un esprit de protection de la nature et du paysage sur la rive sud du lac de Neuchâtel, les propriétaires des résidences secondaires apportent par leur présence au sein des grèves du lac une plus-value qui contribue au développement durable de la Grande Cariçaie. Les chalets, petites structures en bois sur pilotis intégrées au paysage, étaient là avant la création de la réserve naturelle, elle-même créée par l’Homme au travers des deux corrections des eaux du Jura. La présence humaine représente un modèle éprouvé de cohabitation contrôlée et est un facteur du développement durable en particulier dans une réserve où l’habitat ne peut être maintenu que par un travail humain. La cohabitation actuelle entre l’humain, la faune et la flore profite non seulement à la préservation de l’environnement et des espèces, mais elle favorise également l’équité entre les intérêts de tous. Les propriétaires de chalet sont par ailleurs représentés dans la commission paritaire de la grande Cariçaie et participent à son développement.

Bien que la présence des chalets existe depuis les années 1920 l’ensemble de la Grande Cariçaie a vu le nombre d’espèces endémiques et migratoires progresser et se développer. Rien ne permet d’établir que la situation serait encore plus favorable pour la nature sans les constructions et la présence temporaire humaine qui leur est associée. Aucun indice scientifique dans ce sens n’a d’ailleurs jamais été établi ni publié. La disparition des constructions ne changerait absolument rien à l’évolution naturelle de la Grande Cariçaie si ce n’est l’érosion lacustre.

Les chalets, acteurs de la protection du patrimoine dans le respect du développement durable

Nombre de chalets bordant la rive sud du lac de Neuchâtel ont plus de cent ans. Ils constituent une partie du patrimoine lacustre historique de la région, respectivement du pays. Par ailleurs pour que la réserve naturelle vive, l’intervention de l’humain est nécessaire au travers notamment de la lutte contre l’érosion et l’avancée du lac qui reprend inexorablement ses droits et diminue par conséquent la surface de la réserve, le maintien des voies d’accès à la réserve et aux rives. En effet les propriétaires des chalets ont construit et maintiennent à leurs frais les enrochements nécessaires permettant de contenir le lac qui reprend ses droits menaçant la réserve, comme le démontre une étude de l’EPFL(1). De l’avis même des associations écologistes il n’y a pas d’alternative valable aux enrochements. L’expérience d’îlots au large a été évaluée comme non concluante et financièrement impossible à réaliser, sans compter les aspects esthétique et écologique d’un tel barrage sur des dizaines de kilomètres. Sans les travaux coûteux et un entretien constant à la charge des riverains, le lac aurait déjà repris possession de surfaces bien plus grandes que celles qui sont occupées par les chalets. La Grande Cariçaie a vu le nombre d’espèces endémiques et migratoires progresser et se développer. Rien ne permet d’établir que la situation serait encore plus favorable pour la nature sans les constructions et la présence temporaire humaine qui leur est associée. Si on détruisait les chalets il n’y aurait aucune amélioration pour la réserve, mais clairement un impact négatif.

Les chalets, acteurs économiques majeurs de la région

La présence des chalets engendre une manne financière importante pour les communes concernées. Leur retrait et la suppression de l’activité touristique qui les entourent signifient une réduction massive de la consommation, ce qui engendrerait des pertes significatives pour l’économie locale et régionale. Les communes concernées sont majoritairement favorables au maintien des chalets qui profitent des commerces et des entreprises locales et ont dès lors un impact sur l’économie régionale. En effet cet entretien engendrera des coûts considérables à charge des collectivités communales et cantonales, ou de manière indirecte au travers de nouvelles subventions conséquentes en faveur des associations de protection de l’environnement. Par ailleurs, outre les pertes significatives qu’engendrerait la suppression des chalets, cette dernière enlèverait également la participation financière des riverains au maintien et à l’entretien de la réserve naturelle.

(1) Riedo ; M. 1996. Etude et réalisation d’une base de données prototype pour la gestion de la Grande Cariçaie. EPFL, 98 pp